L'hydrogène va devenir notre quotidien

L'hydrogène va devenir notre quotidien

La technologie de la pile à combustible, qui utilise de l’hydrogène pour produire de l’électricité, ne servira pas seulement à faire avancer nos voitures. De nombreuses applications sont envisageables. Certaines dès aujourd’hui.

Du carburant pour les bus. Depuis 2010, Londres s’est doté d’un contingent d’une quinzaine de cars à moteur à hydrogène.

C’est pratique puisque dix minutes suffisent au chauffeur pour faire un plein lui offrant une autonomie de dix-huit heures et de 300 km. Mais c’est aussi très cher : 1 M€ pièce, soit quatre fois le prix d’un bus traditionnel. D’autres capitales européennes s’y intéressent aussi.

L’électricité renouvelable. Autre secteur où l’hydrogène peut être précieux : la production d’électricité renouvelable. Des piles à hydrogène géantes connectées au réseau permettraient de pallier les problèmes d’intermittence du solaire ou de l’éolien lorsque le beau temps ou le vent ne sont pas au rendez-vous. Le petit village de La Croix-Valmer, situé sur la presqu’île de Saint-Tropez, est précurseur dans ce domaine. Il vient de s’équiper d’une batterie mise au point par Hélion, la filiale hydrogène du constructeur nucléaire Areva. En période estivale, ce petit paradis voit en effet sa population passer de 3500 à… plus de 30000 âmes, ce qui fait régulièrement sauter son réseau électrique. Il pourra désormais s’appuyer sur sa pile de secours, lorsque la consommation s’emballera. De son côté, pour sortir du nucléaire, le Japon envisage de créer au nord de l’archipel, très venteux, des parcs éoliens dédiés à la fabrication d’hydrogène. Ce combustible sera alors acheminé vers le sud du pays, dans les zones où la consommation électrique est la plus forte.

Des batteries pour nos appareils high-tech. « Les appareils électroniques nomades, smartphones, baladeurs et ordinateurs portables nécessitent des batteries toujours plus performantes, explique Aline Rastetter, ingénieur-conseil chez Alphea Hydrogène. Les batteries classiques, fonctionnant le plus souvent au lithium, pourraient bientôt être remplacées par des mini-piles à combustible. Apple a déposé plusieurs brevets en 2011 et 2012. » A quand des iPhone alimentés par de l’hydrogène?

Des mini-chargeurs portables. Recharger n’importe où et en un clin d’œil ses appareils électriques grâce à un chargeur qui tient dans un sac à main, ce n’est plus de la science-fiction. Toshiba a lancé, dès 2010, un mini-chargeur de 280 g qui intègre une pile à combustible au méthanol. En une vingtaine de secondes, elle produit assez d’électricité pour recharger complètement deux téléphones mobiles via un simple câble USB. L’appareil n’est pour le moment commercialisé qu’au Japon. En France, Bic, l’inventeur du stylo-bille, cherche depuis quelques années à percer le marché de l’électronique. Après avoir lancé le téléphone portable jetable, ses labos planchent sur le graal industriel que pourrait représenter le stockage d’énergie pour le grand public. Elle a même fait l’acquisition l’année dernière (pour 13,5 M€) d’Angstrom Power, une société canadienne spécialisée dans les chargeurs de piles à combustible de petite taille. « Nous devrions être en mesure de mettre sur le marché notre premier chargeur d’ici quatre ans », promet une porte-parole.

Source : Erwan Benezet, Le Parisien.fr
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